Redonner aux régions avec la gestion de l’information !

En 2003, je terminais mes études en Génie Informatique à l’université de Sherbrooke. L’humble petit gars de la Mauricie que je suis rêvait de façon inconsciente d’avoir la chance d’exercer sa profession dans sa région natale. Étant un amoureux de la nature et plus particulièrement de mon chalet,  je souhaitais m’y établir de façon permanente.

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Toutefois, la réalité m’a rapidement  ramené dans le droit chemin. Étant en plus dans la crise post AN 2000! Il n’y avait que très peu d’emploi dans le secteur, j’ai donc du accepter un emploi qui se trouvait en plein coeur du plateau Mont-Royal, chez GameLoft, la division cellulaire d’UbiSoft. L’emploi et les défis étaient vraiment super! Les gens tout autant par ailleurs. Toutefois, le campagnard que je suis devait s’accoutumer à son petit balcon de 4 x 8 situé sur St-Laurent et à entendre le trafic 24h/24. Tout un choc de culture, mais quel autre choix s’offrait à moi que devoir apprivoiser le tout et me conformer à la vie urbaine.

Au travail, déjà à l’époque, notre équipe qui comptait une bonne centaine d’employés, faisait du travail a distance. En plus d’être dirigé par des équipes en France, nous faisions de l’impartition en Inde pour l’adaptation de code source pour différents modèles de téléphones cellulaires. Une bonne journée, je me suis retrouvé à discuter avec le grand patron du bureau de Montréal, qui était lui même Français, sur la valeur ajoutée d’être situé en plein coeur de Montréal. Il me fit part qu’il aimerait bien pouvoir créer une filiale à Tremblant puisque c’était un grand amateur de ski. Louable dans les circonstances… Week-end après week-ends, je m’exilais vers mon chez-moi pour revenir travailler à Montréal du lundi au vendredi.

Un jour, sachant qu’il n’y avait aucune opportunité dans ma région, je me suis mis à la recherche d’un emploi dans la belle ville de Québec. Une journée, j’ai une entrevue dans une grande firme de consultation et on m’offre l’emploi! Hourra !! Pour exactement la moitié du salaire que j’avais chez GameLoft ! J’accepte sans hésiter, car la consultation correspondait davantage à mon profil en plus de me permettre de déménager dans la ville qu’on surnommait affectueusement le plus grand village du Québec ! Mes amis de l’époque me traitaient de cinglé de quitter pour perdre autant. Aujourd’hui encore, je remercie le ciel d’avoir pris cette décision!

Ceci m’emmène au point suivant: avec les centres de services à distance où l’emplacement géographique n’a plus d’importance, combien de jeunes finissants des institutions en TI rêvent-ils comme moi de pouvoir s’établir dans leur région natale pour y mener une belle vie, valorisée par l’emploi de leur rêve, sans devoir s’exiler dans les grands centres?

Nous avons la possibilité de créer des centres de développement et de services à distance partout de nos jours. Pourquoi ne pas migrer vers la Mauricie, la Gaspésie, la Côte-Nord?  C’est trop facile de dire qu’il n’y a pas suffisamment de monde pour créer et rentabiliser ces centres. J’aime mieux croire à la phrase fétiche du film Fields Of Dreams: « Build It and They Will Come ».

Les entreprises du domaine des TI auraient intérêt à envisager sérieusement cette option. La vie en région est agréable et souvent moins chère au final. Bien des jeunes – et des moins jeunes – retourneraient volontiers « à la maison » pour exercer leur métier. Cela contribuerait à la revalorisation des régions et mettrait à la disposition de celles-ci une main-d’oeuvre qualifiée dont elles pourraient se servir pour faire fleurir d’autres projets où les TI jouent un rôle. Et existe-t-il, aujourd’hui, des projets qui ne comportent pas une part liée aux TI ?

Nous disposons d’applications collaboratives en mode infonuagique qui facilitent le travail à distance. Le lieu de résidence de deux ou plusieurs collaborateurs est sans importance. On peut se parler par l’une ou l’autre des plateformes de communications – Skype, Hangouts et autres – et travailler simultanément sur des documents en utilisant, par exemple, Google Drive, ou encore travailler une carte heuristique collectivement avec MindMeister, partager des notes avec Evernote, etc. Il n’y a plus de frontières. Internet nous connecte avec le monde.

*****

Encore aujourd’hui, je rêve du jour ou je travaillerai pour mon client du Portugal, assis confortablement dans ma chaise adirondack sur mon quai, tout en faisant le scrum matinal avec mon collègue qui à les 2 pieds dans le sable et qui regarde les vagues de la mer venir se briser sur le rivage qu’il aime tant!

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